LES VILLES ARDENTES - CAEN

Entre 1870 et 1914, la France connaît de profonds bouleversements : essor du tissu industriel, naissance de la classe ouvrière, travail des femmes… Confrontés à la mutation des paysages, des artistes comme Guillaumin, Pissaro, Steinlen ou Luce trouvent dans cette nouvelle réalité sociale une source d’inspiration. Scènes de travail, de manifestations ou de grèves, ils immortalisent l’histoire de la IIIème République, hors de toute considération de style ou d’école. Dépassant les oppositions habituelles pour mêler différentes visions d’une même modernité, l’exposition réunit une centaine d’oeuvres éclairant l’émergence d’une France industrialisée.

ART, TRAVAIL, RÉVOLTE 1870 - 1914

Le thème du travail est rarement associé aux peintres impressionnistes et post-impressionnistes. Ces derniers n’auraient-ils proposé que des œuvres d’agrément quand d’autres pointaient une réalité sociale ? Même si la thématique du travail traverse les toiles naturalistes dès le milieu du XIXe siècle, elle n’en est pas moins ressaisie par des artistes d’horizons très différents : éminemment malléable, elle n’est l’apanage d’aucun courant. Aussi l’ambition du musée des Beaux-Arts de Caen est-elle de poser un regard élargi sur les œuvres produites entre 1870 et 1914, déplaçant les oppositions habituelles pour mêler différentes visions d’une même modernité. Les villes ardentes mêle près de cent cinquante œuvres venant éclairer ces années qui, du souvenir des événements de la Commune à la veille de la Première Guerre mondiale, voient l’émergence d’une France industrialisée. Emboîtant le pas à Armand Guillaumin, les peintres impressionnistes révèlent le nouveau pittoresque des faubourgs industriels. Le spectacle des quais ou des villes en chantier séduit Camille Pissarro, Alexandre Steinlen ou Maximilien Luce. Les artistes témoignent encore de certaines évolutions sociales, telles que l’essor du travail des femmes ou l’émergence de la classe ouvrière. Confrontés à des paysages autant qu’à une réalité sociale en voie de transformation, ils y décèlent une beauté et une énergie nouvelles. Des images du travail aux scènes de manifestation et de grève, c’est l’histoire de la IIIe République qui s’écrit. La question sociale en est au cœur; l’artiste moderne s’en fait l’écho, s’érigeant en témoin de son temps, à rebours de toute nostalgie mais également hors de toute considération de genre, de style ou d’école.

LES REPASSEUSES - EDGAR DEGAS