Les-heures-suspendues-selon-Hopper

Il y a longtemps que je connais Hopper. Longtemps que je l’aime. Longtemps que sa peinture m’appelle, m’intrigue et me raconte des histoires.
En voici une, dans ces « Heures suspendues » ... baignant comme toujours dans une sourde mélancolie, un mystère mais puisant dans la réalité et la vérité du peintre.

Joséphine Hopper prend ici et enfin la parole, occupe le devant de la scène après avoir « sacrifié » sa peinture et consacré sa vie à l’œuvre de son « grand homme ». Grand par le talent, par la taille... Presque deux mètres (1m 98) qui devaient être plus impressionnants encore pour la toute petite « Jo », 1 m 52 !
« Il y a dans la peinture, disait Renoir, quelque chose de plus, qui ne s’explique pas, qui est essentiel ». « Ce n’est pas seulement une question de métier, il faut en plus un certain quelque chose dont aucun professeur n’enseigne le secret... » reprenait Vollard, son marchand d’art. Des lignes que l’on croirait écrites pour la peinture de Hopper. Parce que c’est exactement ça ! Il y a dans toutes ses peintures ce « quelque chose » de fascinant. Ce « quelque chose » qui donne envie d’écrire... Chacune de ses toiles débute une histoire, forçant « le regardeur à en imaginer la suite ». « Quelque chose de terrible vient de se passer ou va se passer » (Wim Wenders) Le calme avant ou après la tempête.

Quel autre peintre est capable d’une telle puissance déclenchante ? Et puis on « fait équipe » avec Hopper ! « L’artiste seul ne suffit pas à créer une œuvre d’art, celle-ci nécessite la présence d’un spectateur [...] Je crois sincèrement que le tableau est autant fait par le regardeur que l’artiste » (Marcel Duchamp. Ingénieur du temps perdu) Il y a celui qui peint et ceux qui regardent, ceux qui écrivent... ceux qui lisent. Cap Cod evening m’a happée par sa douceur (illusoire) et son mystère. J’ai voulu raconter cette histoire.

Catherine Guennec a publié une vingtaine d’ouvrages ; des romans et des dictionnaires érudits et amusants sur la langue française. Elle est notamment l’auteure de L’Argot pour les nuls.

Catherine-Guennec