mon premier lac des cygnes

Quelle petite fille n'a pas été fascinée par une danseuse longiligne en tutu blanc, debout sur ses pointes ? Pourtant, rares sont les parents qui emmènent leur enfant voir un ballet à l'Opéra. Parfois long, souvent coûteux. On se demande s'il ne va pas s'ennuyer, s'il va comprendre quelque chose à l'histoire.

Fort de ce constat, Karl Paquette, ancien danseur étoile de l'Opéra de Paris, a pris le problème a bras le corps. Et décidé d'adapter le plus célèbre des ballets, le Lac des cygnes, pour le jeune public (à partir de 5 ans). « J'ai vu mes propres enfants s'endormir sur leur fauteuil, alors que j'étais moi-même sur scène, s'amuse l'artiste. J'ai voulu créer un spectacle qui leur corresponde pour qu'eux aussi puissent avoir accès à la danse. L'opéra est un carcan magnifique, une très belle institution, mais qui pas toujours accessible. Le public de demain, c'est la jeunesse d'aujourd'hui. C'est à ma génération d'aller la chercher! »

Pour séduire le jeune public, le spectacle a été simplifié et ramassé en deux parties de quarante minutes chacune, avec des horaires en journée, et même une voix off pour aider à mieux comprendre l'histoire. Le choix de l'œuvre de Tchaïkovski coulait de source pour une première expérience. « C'est le ballet mythique par excellence, ça parle à tout le monde », insiste Karl Paquette.

Et pas question de lésiner sur la qualité. Le niveau d'exigence, ici, est le même que sur un ballet « pour les grands ». « L'enfant est le public le plus exigeant, il voit tout, c'est mon expérience de papa qui parle », assure celui qui a pris sa retraite de danseur en 2018. Les costumes, tout en soieries, velours et dentelle, couleurs chatoyantes, sont magnifiques. Les décors, sobres et élégants, impeccables. Le chorégraphe et metteur en scène, Fabrice Bourgeois, est également un ancien de l'opéra de Paris. Une jambe trop basse, une tête pas assez penchée… rien ne lui échappe. Et les danseurs, une quinzaine sur scène, issus des plus grandes formations de ballet actuelles, nous font vibrer du début à la fin.

 Source : leparisien